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Un Journaliste sur Deux Siècles

10 000 CFA

On n’est jamais à l’abri de quelque soupçon lorsqu’arrive le temps des hommages aux vivants. Notre société entretient un étrange rapport avec ses morts. Traversée par tant d’ingratitude et d’indifférence à l’égard de ceux qui sont considérés comme ses repères, si ce n’est ses modèles vivants, elle se découvre si généreuse à leur endroit quand s’achève leur parcours terrestre. Elle dispose même, pour ce faire, de formules consacrées, d’un vocabulaire stabilisé, et des usages de référence : décoration «  à titre posthume », «  éloges funèbres »,  noms  de…baptême des places publiques, des voies de communication  et d’infrastructures diverses, structurent tout un imaginaire mémoriel.

C’est dire si l’idée de rendre hommage à Jean Vincent TCHIENEHOM, 75 ans bon pied bon œil cette année, peut relever d’une certaine déviance. Est-il besoin de préciser que nous assumons  avec une fierté non dissimulée, cette initiative dont il convient sans doute de rappeler ici les tenants et les aboutissants ?

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On n’est jamais à l’abri de quelque soupçon lorsqu’arrive le temps des hommages aux vivants. Notre société entretient un étrange rapport avec ses morts. Traversée par tant d’ingratitude et d’indifférence à l’égard de ceux qui sont considérés comme ses repères, si ce n’est ses modèles vivants, elle se découvre si généreuse à leur endroit quand s’achève leur parcours terrestre. Elle dispose même, pour ce faire, de formules consacrées, d’un vocabulaire stabilisé, et des usages de référence : décoration «  à titre posthume », «  éloges funèbres »,  noms  de…baptême des places publiques, des voies de communication  et d’infrastructures diverses, structurent tout un imaginaire mémoriel.

C’est dire si l’idée de rendre hommage à Jean Vincent TCHIENEHOM, 75 ans bon pied bon œil cette année, peut relever d’une certaine déviance. Est-il besoin de préciser que nous assumons  avec une fierté non dissimulée, cette initiative dont il convient sans doute de rappeler ici les tenants et les aboutissants ?

  • L’Association Médias, Médiations et Citoyenneté ( 2MC) est née d’une ambition forte : travailler au triomphe d’un journalisme orthodoxe dans un environnement où ce métier, -notre métier- est balloté par des vents contraires, profondément dévoyé et insidieusement pris en capture par des forces aux effets redoutables.
  • Il nous a semblé que l’on pourrait, en plus d’animer la discussion publique et de susciter une introspection sans concession, rendre témoignage de ce qu’il existe – espèces rares ou en voie de disparition- des professionnels qui forcent notre admiration, par leurs compétences, leurs talents, leur rigueur, au point d’être érigés en modèles.

C’est en droite ligne de ces convictions que nous avons voulu célébrer JVT. Nous avons à cet effet, saisi l’occasion de la troisième édition des Journées Citoyennes de la Presse, tenue du 16 au 18 décembre 2021 au Palais des Congrès de Yaoundé, pour organiser un banquet professionnel en son honneur. Non seulement il a prononcé la leçon inaugurale de ce rendez-vous placé sous le thème «  Informer et communiquer en temps de Covid-19 », mais encore, une journée professionnelle éponyme lui a été consacrée, avec pour thème «  Jean Vincente TCHIENEHOM : un journaliste sur deux siècles. Trajectoire, pratiques  et leçons d’un itinéraire ».

Cet événement, nous le voulions à la hauteur de ses états de service, et à la dimension de sa réputation. C’est pourquoi nous avons mobilisé « grandes plumes » et « grandes voix » de notre landerneau journalistique,   experts reconnus de diverses spécialités,  compagnons de route ou de « combat », des collaborateurs et collègues d’un temps, pour faire sens. Ils y sont allés, chacun à partir d’un angle de fuite librement choisi, nous servant ici l’évocation qui interroge, là l’anecdote qui éclaire, là encore le souvenir qui inspire l’humilité et pousse au dépassement de soi. Le lecteur de cette somme, qui reprend les interventions collectées  – dont certaines n’avaient pu être déclinées lors des Journées Citoyennes de la Presse- saura, nous l’espérons, en tirer le meilleur parti.

Mais soyons clairs : nous voulons arracher JVT- et d’autres après lui-  à cette banalisation prégnante qui nous impose de nous accommoder de tant de bricolages et de trucages. Car à quoi assistons-nous dans la conjoncture de cette banalisation ? Les frontières entre le normal et le pathologique s’estompent au point de consacrer une manière d’anomie généralisée,  les repères éthiques s’évanouissent,  les référents axiologiques disparaissent, les phares de la Cité ne parviennent plus à faire prospérer la lumière, les modèles sont désacralisés. Bref,  il n’existe plus de « figures » reconnaissables et reconnues.

Or pour nous, JVT est une « figure », au sens où l’entend le philosophe Fabien EBOUSSI BOULAGA, lorsqu’il explique : « « Une figure est un phénomène de perception : quelque chose ou quelqu’un prend soudain du relief, à l’égard de ce qui l’entoure, son environnement, le fond sur lequel il se détache. Cette forme qui se distingue clairement des autres, se reploie et se recale en elle-même, polarisant regards et attention. Elle est donc un surgissement ou une survenance, un événement qui sort du cours ordinaire des choses » Fin de citation.  (Fabien EBOUSSI BOULAGA, l’audace de penser, Paris, Présence Africaine, 2010, p.22.

Au demeurant, cette « figure » nous apparaît transversale, d’une notable flexibilité, et d’une étonnante capacité de mutation professionnelle ; se déployant tantôt sur le…terrain  du journalisme,  tantôt encore dans le domaine de la communication, tour à tour – si ce n’est concomitamment/parallèlement –  journaliste et communicant. C’est un phare, imposant par sa stature professionnelle, éblouissant d’une inspirante brillance. C’est ce dont notre époque a besoin en temps de confusion, dans la nuit noire de nos pratiques professionnelles.

Nous ne pouvons que réitérer notre profonde gratitude à toutes celles et tous ceux qui ont rendu possibles ces moments de reconnaissance collective par leurs contributions, qui, prises ensemble, assurent, nous l’espérons, à cette aventure éditoriale, sa force évocatrice et  sa puissance symbolique.

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